1 Jacques-Emile Mahieu-Bourgain :  Les miracles de Notre-Dame de Boulogne.

Iconographie chrétienne du miracle à l'abbaye de Notre
Dame de la Pierre (1543). Ferry de Locre constatera (ca 1033) que « la ville de Boulogne est très célèbre presque partout  l’univers à cause de grand nombre de signes et de miracles qui s’y font ordinairement à la  prière et à l’intercession de la très sainte Vierge ». (Alphonse de Montfort). « Au mesme temps que l’Image fut posée en la chapelle...on y voyoit les peuples arriver de  toutes part, qui trouvoient le remède à leurs maux et la guérison à leurs maladies par des  miracles très fréquents et dont les registres ont esté remplis. » (P. Alphonse de Montfort).

«
Comme le bruit de ces miracles se répandit, en mesme temps, dans les lieux circonvoisins,  on vit aussi tost un abord et une affluence merveilleuse de personnes de toute sorte de païs et  de conditions qui vinrent en foule offrir leurs vœux et présenter leurs hommages dans la  chapelle et devant l’Image de Nostre Dame de Boulogne. » (Antoine Le Roy). Comme l’atteste le Père Alphonse de Montfort, se produisaient de nombreux et fréquents  miracles dont les registres étaient remplis.

Hélas ! Ces registres ont disparu. Destruction des archives. Les dévastations et déprédations successives des Anglais (1544-1550), des Huguenots (fin  XVIe) et des révolutionnaires (1793) nous privent des registres ou divers 

2 documents (attestations, procès-verbaux) concernant les très nombreux miracles qui se sont  manifestés devant la sainte Image de Notre-Dame de Boulogne :


1) Le 10 novembre 1793 « pour en finir avec les anciennes superstitions », on éleva sur  l’esplanade face à la porte des Dunes un immense bûcher composé des statues de bois, des  tableaux et des reliquaires provenant des dépouilles des églises de Boulogne, et, dans  l’intention d’anéantir en même temps tout ce qui rappelait le régime féodal, on entassa pêlemêle avec les objets du culte, les archives de la ville, de l’église Notre-Dame, des  communautés religieuses et de plus de dix mille minutes enlevées aux études des notaires. On se figurera combien le nombre en était considérable, lorsque nous aurons rappelé  que le feu, mis à midi, projetait encore à l’entrée de la nuit ses lueurs funèbres sur les vieux  remparts de la cité…». (Continuation de l’histoire de N.D. M.P. Hédouin, p. 166).

Ces archives étaient garantes de l’authenticité des nombreux miracles de Boulogne. Leur disparition ne nous permettent pas d’en connaître l’exacte ampleur. Pourtant, ce sont de  bruyants miracles qui ont, depuis longtemps… très longtemps… attitré l’attention du monde  occidental sur l’église boulonnaise. Seule, une insigne explosion de faveurs spéciales  provoquée par un « témoin » peut expliquer la venue en un tel lieu de tant de foules…. Ce  sont aussi des miracles que de nombreux ex voto révèlent, ou d’autres marques plus intimes,  plus discrètes mais non moins évidentes dans le secret des cœurs, qui maintiennent le  caractère d’éternité du sanctuaire. Mais, heureusement, nombre d’entre eux sont restés dans la  mémoire. Evocation des « miracles » restés dans la mémoire.

2) Dans le livre des miracles de Notre Dame de Rocamadour (XIIe XIIIe s.), on peut lire  le texte suivant : Des marins de Boulogne naviguaient sur l’océan. Survint la tempête. Dans leur angoisse ils crient vers Celle qui est la vie des mortels et le salut des égarés. " O Vierge, Etoile de la mer, qui brillez au-dessus des flots, de ces dangers mortels qui nous pressent, sauvez-nous, pauvres naufragés ! O Vierge, Mère ineffable, du sein de la tempête faites nous revenir à la pleine force de la vie ! Vierge auguste, qui avez enfanté le Créateur de l’univers, soyez notre guide, soyez notre vie et conduisez nous au rivage désiré !"
Mais, aussitôt l’air devient serein, la rage des vents s’apaise, et le plus heureusement du  monde, ils arrivent au port.  Jean d’Ypres, abbé de Saint Bertin dit : « Des miracles se font à Boulogne, dès 1211, à  la gloire de Jésus Christ et de sa glorieuse Mère ; le bruit de tant de merveilles y attire en  3 foule le peuple de tous les endroits du royaume ; ce pèlerinage si célèbre doit son origine à  tous ces prodiges. » (Chronique de Saint Bertin en 1380).  Les populations continuaient de se presser en foule aux pieds de Notre Dame de  Boulogne et redoublaient les témoignages de leur dévotion à cause des nombreux miracles qui avaient lieu par son intercession, des faveurs signalées qu’on recevait de sa libéralité.  (Antoine Le Roy).

Le dauphin Charles, fils du roi Jean, époux de Jeanne comtesse de Boulogne vint à  Boulogne au mois de novembre 1360. La dévotion l’a conduit au sanctuaire de Notre-Dame  de Boulogne « où se rend à cause de cela (nombreux miracles), en grande affluence, le  concours incessant de tous les peuples. » Il crée la fondation de l’autel dans la chapelle où  reposait la statue miraculeuse écrivant entre autre : « …. Un lieu où se faisoient tant et si  grands miracles, à la louage de la glorieuse Vierge. » - On peut lire dans les lettres patentes de Louis XI d’Avril 1478 : 


Vers 1600 : Une femme de Lorraine venue en pèlerinage est délivrée de cruelles  obsessions auxquelles elle était en proie depuis plusieurs années. (Mémoire d’A. Gillot à la  Sorbonne). Consignation des miracles. Sous l’épiscopat de Mgr Victor Le Bouthillier, l’Image miraculeuse de Notre
Dame qui avait  été retrouvée en 1607 reprit sa place d’honneur à la cathédrale ; dès lors les miracles furent  consignés. 

Le 15 décembre 1611 : Marie des Portes, épouse Tuvenart, de la Basse
Ville de Boulogne,  dépose que son fils Pierre Tuvenard, perclus, ne pouvant remuer depuis un an « estoit  revenu dans une parfaite santé, ensuite d’une neuvaine qu’elle avoit esté conseillée de faire  pour luy devant la saint-Image. » (Mémoire d’A. Gillot à la Sorbonne).

« Le 29 janvier 1612, quatre matelots du port de Calais, Nicolas Gallot, fils de Denis  Gallot, maître du navire le Rossignol, Jean Deleau, contremaître, Jean le Jeune et Jean  Bruce, compagnons du même navire, arrivaient à Boulogne et faisaient chanter une messe  d’action de grâces dans l’église Saint-Wulmer pour accomplir un voeu. » (J. Merlant)

En 1612. Les marins d’un navire de Calais, le Rossignol, venaient solennellement en  pèlerinage et, sans qu’on osa y mettre entrave, faisaient chanter une messe, dans la chapelle  de l’abbaye de Saint Wulmer où se trouvait la statue miraculeuse en accomplissement d’un  vœu fait dans un grand péril. Sortant de la rivière de Bordeaux et longeant les côtes de  France, ils avaient été surpris par un terrible ouragan ; se voyant perdus, ils réclamèrent  l’assistance de Notre Dame de Boulogne. Aussitôt le vent s’était apaisé et la mer  redevenue calme, avait permis au navire de revenir heureusement au port de Calais.

En 1617, Jean Bertoul, prêtre, prieur d’un couvent de l’ordre de la Rédemption des captifs  aux environs d’Arras : « Comme il revenait d’un voyage en Hongrie, où il était allé pour les  affaires de son ordre et le rachat de prisonniers chrétiens, il tomba avec son cheval dans un  4 fleuve. Se voyant sans secours et sentant sa monture manquer sous lui, au moment d’être  submergé, il fut inspiré de demander l’aide de la Vierge de Boulogne. Il ne l’eut pas plus tôt  fait qu’il se vit hors de péril… »

En 1617, Marguerite du Belloy-Landrethun, femme du marquis de Courtebourne  « affligée de se voir sans enfants »….

En 1623, Péronne Caillette, âgée de 55 ans, « percluse de tous ses membres »… (Chanoine  Le Roy).  Dans les registres capitulaires, supplique datée du 15 octobre 1627. On y voit le plus grand  éloge de « cette antique église de la bienheureuse Vierge Marie, très célèbre par toute la  terre…. à cause des innombrables miracles qui s’y sont opérés depuis les temps anciens  jusqu’au siècle présent… »
A la suite des guerres qui désolèrent notre contrée, à la suite de la prise de Boulogne par les  Anglais et des déprédations qui y furent commises, les archives de l’église de Notre-Dame  disparurent. (Chanoine Le Roy) « Cependant, on voit sur les murailles de nostre église cathédrale, autour du grand portail  qui regarde le cimetière, plus de quarante figures d’enfans morts, qui ont receu  miraculeusement la vie du corps et ensuite celle de l’âme par le baptême ; des personnes  divinement préservées du naufrage… qui ont trouvé le remède à leurs maux dans  l’invocation de Nostre Dame de Boulogne, dont la représentation paroist encore  distinctement dans chacune de ces figures à demy usées. Ce sont là presque les seuls  monuments des anciens miracles de Nostre Dame, qui nous soient restez de devant la guerre  des Anglois et des troubles des Huguenots. » (Chanoine Le Roy).  « Les miracles qui l’on rendu si célèbre dans les siècles passez… »

En 1630, pendant l’octave de Pâques, Louis Fontaine, de Boulogne, fils d’Adrien et de  Diane Colombel, fut guéri d’une paralysie qui durait depuis trois ans ; il avait fini même  de perdre la parole qu’il recouvra.

Le 20 avril 1631, un navire de Calais, venant de Rouen, fut miraculeusement conservé au  milieu d’une longue et rude tempête par l’intercession de la Vierge, comme le  témoignèrent Jean de Calais, marchand, à qui appartenait le bâtiment, et Louis  Fourmentin, son pilote. En danger de périr, les matelots implorèrent l’assistance de NotreDame de Boulogne et, chose admirable, à peine eurent ils achevé leur prière que l’orage cessa  et que la mer reprit son calme. Un rayon de soleil qui perça le nuage obscur dont le ciel était  environné leur découvrit la Tour d’Ordre, qui se trouvait au dessus du port de Boulogne, et fit  paraître à leurs yeux la montagne sainte où leur était venu le secours. Ces pieux marins se  crurent entièrement redevables de leur salut à la Vierge, vinrent lui rendre leurs actions de  grâces dans sa chapelle et publièrent partout sa bonté et sa puissance.

Le 8 juin 1631. Peu après, Jean Maréchal, natif du village d’Hydrequen, tomba, à l’âge de  25 ans, dans une défaillance générale de tous ses membres, après une grave maladie. Le 8  juin, fête de la Pentecôte de l’année 1631, il suspendit avec joie ses béquilles devant  l’Image de sa bienfaitrice.

En 1631. François Fricot et Marie Drinquebierre, demeurant au bourg de Samer….  signèrent, au 12 décembre de la même année, une attestation constatant la guérison de leur  fils Antoine Fricot, atteint de paralysie à l’âge de douze ans. (Suite à une neuvaine à  Notre Dame de Boulogne). 

Le 13 janvier 1631, messe solennelle d’actions de grâces pour la guérison du R. P.  Alphonse de Montfort guéri d’une rupture dont il était affligé depuis 6 ans. - Vers la fin de janvier 1633, un navire de Saint Valéry sur Somme qui revenait de  Middelbourg, chargé de marchandises pour Dieppe, est sauvé dans une violente tempête à  la hauteur de Dunkerque, par l’invocation des matelots à Notre-Dame de Boulogne.

Le 15 avril 1633, un écuyer du roi, le sieur Fontaine Le Fèvre, est aussi sauvé par elle  d’un grand danger en mer, en revenant d’Angleterre. - Vers le même temps, la marquise de Fontenai obtint un enfant après plus de seize  années de stérilité. La même faveur fut obtenue alors par Catherine Flahaut, femme du sieur de Guersant,  de Calais.  La même faveur fut obtenue alors par Jeanne Clerbaut, bourgeoise de Lille. Combien d’épouses stériles qui par l’intercession de Notre Dame virent finir ainsi les  tristesses d’une longue attente ?

Le 5 juillet 1633, Gratienne Desmarets, femme de Guillaume Ambroise de Montreuil, fut  délivrée alors « que ceux qui estoient présents la voyant sans pouls et sans sentiment, la  tinrent pour morte. »  Procès verbal daté du 8 octobre 1633 : Barthélémy Rose, matelot du havre de Boulogne,  ayant perdu l’usage de ses jambes depuis deux ans, est subitement guéri en  accomplissant son vœu dans la chapelle de Notre Dame. 

Décembre 1633. Une fille du Boulonnais, nommée Péronne Bouchard, fut guérie, au  mois de décembre de cette même année, d’un chancre qu’elle avait à la bouche.  Vers le même temps, la petite fille d’Isabeau de La Rue, femme de François Ferbet,  fourbisseur, demeurant à Calais, est guérie d’un ulcère très dangereux au bras.

En février 1634, Marguerite Delattre, fille de Dominique, sieur d’Ausque, et de Jacqueline  Le Clerc, demeurant à Boulogne, fut aussi guéri d’un ulcère invétéré.  Dans cette même année 1634, César Meignot, de Wirwignes, fut guéri par l’intercession  de Notre Dame.  Dans la même année 1634, Guillaume Thiembronne, procureur en la sénéchaussée du  Boulonnais (qui souffrait depuis trois ans et demi de grand maux aux jambes, avec  pustules chancreuses suivies d’inflammations et de plaies), fut guéri par l’intercession de  Notre Dame (attestation du 9 juin 1634). 

Dans les années 1636 et 1637, plusieurs familles du diocèse vinrent témoigner à Notre Dame de Boulogne leur reconnaissance pour avoir échappé à la peste :

En 1636, plusieurs des habitants de la contrée entre autres le sieur Obacq de Calais, vinrent  en pèlerinage pour remercier Notre Dame et en même temps faires leurs déclarations  officielles des faveurs obtenues. le sieur Obacq de Calais, pour la guérison de sa petite fille.  Jean Plouvion, de la ville d’Ardres.  Charles Thiembronne de la ville de Calais. En 1639, Jean Blondel, marchand, demeurant à Samer pour guérison d’une rupture  (attestation du 2 octobre 1639). - Le 7 juillet 1641, Marguerite Fromentin de la basse ville de Boulogne qui obtint la  guérison de la fille de Jeanne Evrard, sa fille, paralytique depuis longtemps.  En 1655, Pierre Plet, pauvre ouvrier de la ville de Calais, « incommodé d’une hanche »,  ayant entrepris de faire le pèlerinage de Boulogne à l’aide de béquilles, fut tout surpris  en arrivant à Wimille de se sentir guéri (attestation du 1er avril 1655).

En 1655, Josse Cucheval, marchand de la ville de Montreuil, recouvre l’usage de sa  langue et d’un bras. Il signa l’attestation le 29 avril « avec la main dont il venoit de  recouvrer l’usage. »

En 1655, Robert Pennier, âgé de douze ans, fils de Gilles Pennier, matelot de la ville de  Calais, ayant perdu l’usage de ses jambes, fit le vœu d’aller en pèlerinage à Boulogne  soutenu par des béquilles. A la vue du clocher de Boulogne, il fit sa prière et il se sentit  guéri et termina son pèlerinage à pied. (Procès verbal de cette guérison dressé le 6 juin, sur  l’attestation des sieurs Bénard et Harpalain, chirurgiens de la ville de Calais). - Le 26 septembre 1658, la demoiselle Suzanne Le Camus, de Boulogne, affligée depuis  longtemps d’une douleur à la hanche…fut guérie. Elle laissa ses béquilles dans la chapelle  et « retourna chez elle d’un pas libre et assuré. »

Le 15 juin 1671, une pauvre femme de la ville de Calais, Anne Sire, paralysée, fut  guérie.

Le 12 juin 1672, lors du passage du Rhin près du fort de Tolhuis, un cavalier nommé  Louis Le Vel, d’Etaples, se voyant sur le point de périr, appelle à son secours NotreDame de Boulogne et aborde heureusement la rive.

Le 13 septembre 1674, au huitième jour de la neuvaine de messes devant l’Image  miraculeuse, Marie Sergeant, fille de Philippe Sergeant, ancien échevin et juge consul de la  ville de Calais, et d’Alix du Rosel…, fut toute étonnée qu’après un tremblement soudain  et des douleurs aigües…., toutes ses infirmités la quittèrent en un instant.

Le 1er  décembre 1675, Jacqueline Courtois, veuve de Toussaint Descamps, du village  d’Echinghen, mais habitant la basse-ville de Boulogne, apporta sa fille nommée Suzanne,  âgée de neuf ans, « laquelle éstoit demeurée percluse de tous ses membres depuis le jour de  sa naissance ». Etant dans la chapelle sa fille lui donna l’assurance qu’elle pourrait  marcher seule et « qu’un femme vêtue de blanc luy tendoit la main » (procès-verbal du 17  novembre 1678).

Déclaration datée du 9 novembre 1678 : Le sieur Nicolas de Roberty, de Montreuil,  secrétaire du comte d’Estrées, vice amiral de France, se trouvant sur l’escadre lors de la  terrible tempête qui, en mai 1678, à la hauteur de Colossol et Bonnaire, en Amérique,  coûta à la France douze vaisseaux et neuf cents hommes, promit à la Vierge de visiter  dévotement son sanctuaire de Boulogne s’il plaisait à Dieu, par son intercession, de lui  donner les moyens de gagner la terre. Ayant été sauvé, il vint à Boulogne, six mois plus  tard, remercier Celle à qui il se croyait redevable de la vie.

En 1679, Michel Coulombel, de la ville de Calais, commandant le navire nommé Saint Jean de Dieppe, et cinq matelots attestèrent qu’au mois de mai, faisant voile pour la  Rochelle, ils furent assaillis d’une effroyable tempête, au travers des roches de Glenan,  sur la côte de Bretagne. L’orage dura près de deux jours et le navire ayant été démâté, le  pilote se vit contraint de le laisser aller au gré des vents et de s’abandonner à la merci des  flots. Le capitaine se voyant perdu demanda l’assistance de la Vierge et lui promit que,  s’il recevait secours par son crédit auprès de Dieu, il irait la remercier dans sa chapelle  de Boulogne et lui présenterait un tableau en action de grâces. Sa prière fut exaucée : le  vent étant venu à changer, il put entrer dans le port de Quimperlé. Plus tard, il vint  s’acquitter de son vœu, avec Pierre Brimont, autre maître de navire de Calais.

En 1694, le sieur Herpin, capitaine d’une frégate de la marine royale, nommée  l’Audacieuse, se trouva dans un danger imminent de périr de faim et de misère avec son  équipage, vers le Togreban ; la tempête et le mauvais temps avaient duré vingt cinq jours,  les malades étaient nombreux et on manquait de vivres et de médicaments ; l’équipage n’avait  plus à attendre qu’une lente et triste mort. Dans cette extrémité, le capitaine d’adressa à  Notre Dame et lui fit un vœu. Aussitôt après, il fut joint par une autre frégate qui lui donna  tout ce dont il avait besoin. Le 8 septembre le sieur Herpin entrait dans le port de  Dunkerque, et le 19 du même mois, avec la plus grande partie de son équipage, il venait  honorer et remercier sa puissante protectrice dans son sanctuaire de Boulogne.

En 1695, le sieur Le Roy, lieutenant de vaisseau, vint aussi… s’acquitter d’un vœu  devant la sainte Image. Il rapporta qu’étant dans la mer du Nord, au mois de mars 1695,  il s’était trouvé, avec son équipage, dans le plus extrême péril, et aurait péri sans le  secours de Notre-Dame de Boulogne à laquelle il avait fait un vœu.

Le 21 septembre 1696, le sieur de Bassemesson, capitaine, et tout son équipage, après  avoir été délivrés d’un grand danger sur la mer, vinrent présenter à la Vierge les  témoignages de leur reconnaissance.  Vers le même temps, Jean Poulet, capitaine d’une petite barque de Calais, agit de même  et, accompagné de neuf à dix matelots, vint remercier Notre-Dame de sa protection et lui  offrir « un grand cœur d’argent. »

Le sieur Denis Pierre Faulconnier, un des plus importants négociants de la ville de  Dunkerque, était marié depuis six ans avec Marie Marguerite Cardon, d’une famille honorable  de Saint-Omer, mais n’avait pas de descendance. Venant souvent à Boulogne pour son  négoce, il avait visité le sanctuaire de l’Image miraculeuse et les ex voto qu’il y avait  remarqués lui avaient inspiré une dévotion des plus tendres pour Notre Dame de Boulogne. Il  s’adressa à elle pour obtenir la fécondité de son épouse. Il lui promit, s’il était exaucé,  d’aller nu pieds depuis le pont de Marquise jusqu’à sa chapelle, (ainsi que le  pratiquaient la plupart des pèlerins de Flandre), d’y faire célébrer une messe solennelle,  et d’y offrir un enfant d’argent. L’humble prière du pieux serviteur de Marie fut  entendue. Son épouse donna naissance à Joachim Benoît en l’année 1696. En acquit de  son vœu, le sieur Faulconnier fit placer dans la chapelle « une plaque d’argent où étoit la  représentation d’un enfant au naturel, couché dans son berceau », avec cette inscription : Et beatissimae Virgini Matri Boloniae cultae, Dionysius Petrus Faulconnier et MariaMargarita Cardon conjuges, se se ejusque intercessione datum filium Joachim enedictum non ingrati offerunt, dedicant et consecrant. Anno Domini 1696

En 1770. Jean Fromentin dut aussi la vie et le salut de son équipage à Notre Dame.  Parti le 11 février 1770 du Hâvre de Grâce, il fut assailli d’une terrible tempête à  quelques lieues de Boulogne…. Il crut ne pouvoir échapper au naufrage sans une assistance  extraordinaire. Le vaisseau put s’échouer sur la côte de Dannes et les matelots avec leur  capitaine s’étant jetés à la mer, arrivèrent tous heureusement au rivage. « Incontinent après,  ils accoururent à Boulogne, dans le même état où ils étoient en se sauvant, et visitèrent la  montagne sainte d’où il croyoient que le secours leur étoit venu. » (Le Roy).

Vers 1791 (le chœur de la cathédrale fut définitivement fermé au culte légitime le 24 janvier  1791 ; le culte était définitivement aboli le 10 novembre 1793) : « Marie Geneviève Aucoin,  fille de Firmin Aucoin, capitaine de navire, et de Geneviève Duchenne, née le 22 avril 1788,  avait été dans son enfance, à la suite d’une maladie dangereuse, privée de l’usage de ses  membres ; les médecins la condamnaient à ne jamais marcher. Ses parents, affligés firent  faire une neuvaine dans la chapelle de Jésus Flagellé et à Notre Dame de Boulogne, pour  obtenir du Ciel la guérison que les hommes ne pouvaient donner. Leur foi fut récompensée  par un plein succès. Le dernier jour de la neuvaine, dans l’ancienne chapelle de Notre Dame, la veille de la clôture définitive de ce Saint asile de la prière, l’enfant qui avait été  apportée sur sa petite chaise devant l’image miraculeuse, se leva tout à coup, à la fin de la  messe et se mit à marcher avec aisance, à la grande admiration des assistants. Marie  Aucoin, devenue Madame Edouard Haffreingue, offrit à l’autel de Notre Dame, comme  monument de gratitude, un ciboire en vermeil. » (Histoire de Notre-Dame de Boulogne.  Daniel Hagneré (1857), p. 264.

Décembre 1833. Les femmes, les enfants, les parents, les amis n’ont alors pour seule  ressource que de venir à la vue de l’océan pour se recueillir et prier, prier la Sainte Vierge  Notre Dame de Boulogne. Ils observent la mer comme s’ils espéraient que leur être cher  reviendrait un jour, sachant pourtant qu’il est tombé pour toujours si loin de son foyer.  Cependant, le miracle se produisait parfois, de très rares fois, comme celui narré par  L’Annotateur du 16 janvier 1834 : « Samedi dernier, le bateau de Boulogne, N° 88, est  arrivé venant en dernier lieu du Texel et ayant à bord l’équipage composé en tout de  9 neuf personnes du bateau N° 80, commandé par Me Charles Tétard, dont on n’avait pas  de nouvelles depuis trois semaines et que l’on supposait sombré à la mer. On peut se  figurer les transports avec lesquels nos pauvres marins ont été accueillis par leurs épouses,  leurs mères, leurs enfans, leurs amis qui avaient perdu tout espoir de les revoir ».  Mais que s’était il passé ?  « Dans la nuit du 30 au 31 décembre, Me Tétard se trouvait sur les côtes d’Angleterre à  environ 6 lieues dans l’Est de Scarborough, lorsqu’un ouragan terrible de la partie N.O. se  déclara. Il mit à la cape sous son petit foc, mais la fureur du vent eut bientôt enlevé cette voile  et les coups de mer écrasant l’embarcation, il fut obligé de fuir à sec devant le vent et la lame,  ayant deux pieds et demis d’eau dans la cale, et jetant dehors les produits de sa pêche pour  éviter de couler. Le vent le poussait sur les côtes de Hollande, et tous ses efforts ne pouvaient  qu’aboutir à tâcher de terrir vers l’endroit où les bancs lui semblaient devoir être les moins  dangereux. Il y réussit et échoua sur l’île de Vlie [Vlieland], à 9 heures du matin, ayant passé  en vue d’un trois mâts et d’un brick dont la perte était inévitable. La mer montait encore et il  fallait songer au plus vite à quitter le bateau : Me Tétard se jeta à la nage et parvint à gagner la  plage muni d’une ligne qui tenue par lui, devint ensuite le moyen de sauver ses compagnons  d’infortune, avant que les secours pussent leur être donné par les hommes qui accoururent  vers le lieu du sinistre. Le bateau fut bientôt mis en pièce et les débris vendus par les soins  d’un agent du Consul français. Le produit de cette vente servit à défrayer la subsistance et les  frais de passage de l’équipage jusqu’au Texel. Le coup de vent était si fort et dura si longtemps que toutes communications furent interrompues entre Vlie [Vlieland] et les autres isles  et la côte de Hollande. Plus de trente barques de pêcheurs ont péri dans le Zuiderzée où pareil  désastre n’était arrivé de mémoire d’homme. Dans le même coup de vent, a péri un bateau de  Dieppe commandé par le capitaine Masson ;  hommes seulement sur 25 ont été sauvés. On  a également de fortes appréhensions sur le sort du bateau de pêche de Boulogne, N° 55, qui  était à la mer lorsque la tempête se déclara et dont on n’a plus de nouvelles ». Je suis sûr  qu’à l’instar des femmes qui avaient prié Notre-Dame de Boulogne, les marins du n° 88  avaient fait de même. Mais le miracle de la réapparition d’un être supposé péri en mer est tellement exceptionnel,  que les gens d’ici, depuis longtemps, ont élevé des croix au bord du rivage à l’endroit où ils  viennent rendre hommage à ceux qui ont disparu et prier pour que ce triste sort n’arrive pas à  ceux qui sont partis au large accomplir leur rude labeur. 

Vers la fin de l’année 1838, « M. l’amiral baron Vattier, connu par la sincérité de ses  sentiments religieux, fut frappé d’une congestion cérébrale, accompagnée d’une fièvre  violente. Ses jours connurent un tel danger que les médecins distingués lui donnant leurs  soins, avaient perdu l’espoir de le sauver. M. le baron Vattier se mit avec ferveur sous la  protection de Notre Dame ; des messes et une neuvaine eurent lieu dans la nouvelle  chapelle : de jour en jour la santé du malade s’améliora, et il finit par la recouvrer  entièrement. » (Hédouin).

En 1856. « Une jeune fille de Montmorency, âgée de 14 ans, depuis 92 jours, couchée sur  un lit de douleur, par suite d’une fièvre typhoïde, compliquée d’une maladie… on lui avait  administré les derniers sacrements ». A l’annonce du pèlerinage des Parisiens à Notre Dame  de Boulogne, le père de l’enfant voulut s’y rendre afin d’obtenir sa guérison. « A peine ce  père affligé touchait il aux confins du Boulonnais, qu’une révolution s’opère dans le corps de sa fille. Un craquement se fait entendre, une poche ulcéreuse se déchire, l’enfant s’écrie je  suis guérie, qu’on m’habille ».

En 1866. La baronne Armand de Chabannes, âgée de 43 ans, habitant le château de Roussainville près Illiers, chef lieu de canton du département de l’Eure et Loire, diocèse de  Chartres se trouvait dans un état de dépérissement et de langueur depuis le mois de février  1863. « En cette extrémité, la fille de Mme de Chabannes entend parler du pèlerinage de  Notre-Dame de Boulogne, et se décide inopinément de le faire. Elle part de Roussainville, le  22 août ». Arrivée à Boulogne espérant ardemment la guérison de sa mère, elle traduit sa  pensée en de longues et ferventes prières. Le samedi 25 août, à 10h ¼ du matin, Mme de  Chabannes qui était en prières « elle se trouva instantanément guérie…. Au même  moment, sa chère fille, Marie, prosternée devant l’Image miraculeuse de Notre Dame de  Boulogne, la conjurait de guérir sa mère bien aimée. » « Anéantissement, torpeur,  défaillance, tout a disparu. » « Madame est guérie ». « Mlle de Chabannes, apprenant à  Saint Pierre lez Calais, où elle s’était rendue après son pèlerinage, la prompte et entière  guérison de celle qu’elle avait laissée si malade au départ, est retournée à Boulogne pour  faire mettre l’ex-voto…. qu’elle avait promis d’offrir à la Vierge-Mère, si elle était  exaucée. » (procès-verbal de 1866, revêtu de l’approbation de l’évêque de Chartres).

En 1867. Le jeudi soir, 22 août, arrivait de Londres une religieuse de la congrégation  des Petites Sœurs des pauvres, âgée de 24 ans, belge d’origine…. Depuis onze mois, la  pieuse fille était atteinte d’une paralysie compète des membres inférieurs et de tout le  côté gauche…. Le jour fixé pour le pèlerinage des Petites Sœurs à Notre Dame de Boulogne  était le 24 » transportée devant la main miraculeuse placée sous le dôme… Quand elle eut  baisé dévotement le reliquaire qui la renferme, elle resta en prières …. « Mais, à ce moment,  elle sentit tout à coup un afflux vital et, comme….un relâchement qui se fit dans ses  membres et dans son côté. Elle comprit que la force lui était revenue ; elle se leva et  marcha, et à la grande stupéfaction de tous, elle retourna à pied à la maison  conventuelle… »

En 1868. Une jeune personne de 16 ans, Louise N…, orpheline des hôpitaux de Paris, en  service à Boulogne, était depuis quatre mois dans un état de paralysie nerveuse qui ne lui  permettait pas de faire usage de ses membres. Après avoir fait avec piété son pèlerinage  à Notre Dame de Boulogne, elle a subitement retrouvé ses forces. « Louise N…, tout à  coup, sans secousse, sans révolution intérieure, sans exaltation d’aucune sorte, se sentit  guérie…. Sa maladie, le médecin et les sœurs infirmières l’attestent : sa guérison est évidente  et s’est produite sans cause naturelle appréciable… »

Bien d’autres faveurs sont tombées comme une rosée céleste sur ces malheureux qui  venaient demander à la Vierge sainte le soulagement de leurs souffrances. Pour preuve les  nombreux ex voto anonymes (plaques de marbre). Les ex voto gravés sur les panneaux du  marbre de la chapelle, sont déjà au nombre de 227 (en 1894). En plus des 89 plaques de  marbre avec inscription et un grand nombre d’ex-voto divers, entre autres plusieurs croix  de chevaliers de la légion d’honneur, et la croix de commandeur du colonel Dupuis, léguée à  Notre-Dame de Boulogne par ce brave enfant de Boulogne, mort sur la brèche à Sébastopol.

Juin 1898. « Au milieu de la brume épaisse qui couvrait la mer…, les matelots avaient  entendu au loin les coups de sifflet sans cesse répétés d’un fort navire qui s’avançait à toute  vapeur vers leur frêle esquif. En vain, agitaient-ils eux-mêmes, la cloche d’alarme, impossible  d’éviter le choc…Alors, le gros navire enfonça son étrave dans le flanc du bateau pêcheur qui  11 se trouva coupé en deux. Les matelots poussèrent des cris de détresse : Pitié, mon Dieu !  au secours, Vierge Marie, Notre Dame de Boulogne. Le patron ne perdit pas de temps,  s’emparant du canot qui flottait, il fit embarquer son équipage pendant qu’un marin du navire  jetait une échelle de cordes… ; le pauvre bateau disparut subitement dans les profondeurs de  la mer. »

Le 7 du mois de juin 1898… on avait trouvé en mer les débris du bateau et des filets  qui portaient la marque distinctive du patron Jumel. Tout l’équipage composé de dix huit  hommes, semblait perdu… Les femmes fermaient déjà en signe de deuil les volets de  leurs maisons et pleuraient la mort de leurs maris et de leurs enfants. Enfin, le vendredi  10 juin un télégramme arriva d’Ecosse : Tous sauvés, bonne santé, merci à la SainteVierge. » Les matelots portelois furent conduits en Ecosse au port de Blayck, et de là, furent  rapatriés par un navire qui allait à Dunkerque. Le lundi 13 juin, ils arrivaient à Boulogne en  gare des Tintelleries. Avant tout, dit le patron, allons à Notre Dame ! et les voilà qui  montent au sanctuaire en remerciant de tout leur cœur la protectrice des gens de mer.  (Abbé Merlent).

Le sept mars 1922, alors qu’il se trouve en Manche à 20 milles dans le Sud du Portland Bill,  (promontoire de l’île de Portland à l’extrême sud du Dorsetshire aux confins de la Cornouaille  anglaise), le chalutier boulonnais Marie Thérèse (comptoir Gournay Delpierre) patron Victor Demay, doit affronter une furieuse tempête qui, vers cinq heures du matin, lui arrache une tôle  de l’arrière permettant à l’eau de s’engouffrer dans le magasin où est stockée la provision de  carbure de calcium indispensable aux besoins de l’éclairage du bord. Le contact de l’eau et du carbure de calcium provoque une violente explosion qui, dans la fatalité, détruit l’unique  canot de sauvetage du bord. Pour y remédier, l’équipage confectionne dans la hâte un radeau  de fortune qui est lancé à la mer au moment où le chalutier achève de sombrer. Il est six  heures du matin. Malheureusement, ce radeau s’avère trop petit et trop instable pour pouvoir  porter les dix sept hommes du bord. Sous le poids, il s’enfonce et plusieurs de ses occupants  sont immédiatement entraînés par les lames en furie... Le matelot François Gueulle (24 ans,  de Boulogne), dérivant cramponné à une autre épave est miraculeusement sauvé vers  quatre heures de l’après midi, par un autre chalutier boulonnais, la Suzanne et Marie (comptoir Poret Lobez), commandé par le patron François Jean Baptiste Bourgain.  François Gueulle, perdu dans une mer déchaînée et menacé d'une mort terrifiante, en  une immense solitude, mais profondément croyant, n’avait pas perdu espoir et, accroché  à un débris sauveur, s’était mis à réciter le Rosaire attendant le salut de Notre Dame.  C’est lui qui signala au patron Bourgain le radeau sur lequel il n’avait pu prendre place. Se  considérant miraculé, ayant échappé de justesse à une mort cruelle, François Gueulle,  reconnaissant, se rendit au mois d’août suivant en pèlerinage à Lourdes en action de grâces,  pour remercier sa bienfaitrice.

May en Multien (Seine et arne) le 24 août 1945 : « Le cortège du Grand Retour passait  devant la maison de Mme Dufour Nivol, âgée de 55 an, impotente depuis trois ans à la  suite de troubles fonctionnels qui remontaient à 1910, et abandonnée des médecins après  l’essai infructueux de divers médicaments. Mme Dufour de traîna au seuil de sa maison  et s’agenouilla devant la procession. Alors a t’elle déclaré : au moment même où la  Sainte vierge passait sous la guirlande que j’avais tenu à faire placer en travers de la  chaussée, je me suis écriée :  Oh ! qu’elle est belle ! Un frisson me parcourut tout le  corps et je sentis un bien être indéfinissable… Mes yeux ne pouvaient se détacher de  l’image de Notre Dame, et je la regardais longtemps… De jour en jour je me sentis  mieux… Le samedi 1er septembre, j’eus la pleine conviction que j’étais guérie… Je me  mis à marcher dans ma maison sans appui, sans canne et à vaquer aux soins du ménage. Le  lendemain 2 septembre, je me rendis à l’église pour participer à la messe, d’un pas alerte…. A  tous, je crie ma guérison par la grâce de Notre Dame de Boulogne. Instruit de ces faits  extraordinaires, Mgr Debray, évêque de Meaux, prescrivit une information circonstanciée, et  69 personnes signèrent une déclaration aux termes de laquelle Mme Dufour, absolument  invalide avant le 24 août 1945 est redevenue alerte, et vaque à ses occupations comme une  personne en bonne santé » (Abbé Merlent). Phénomène inexpliqué. La tempête de noroît du 7 novembre 1952 incurva la flèche qui surmonte le dôme de la  cathédrale, à plus de 100 mètres de hauteur. D’après la station de Plymouth, le vent souffla  cette nuit-là à 150 km/h causant de nombreux dégâts tant en Angleterre que sur notre littoral.  Or 6 jours après, au matin du 13 novembre entre 8h et 8h30, la flèche surmontée d’une croix,  - le tout en béton, d’une hauteur de sept mètres et pesant plus d’une tonne et demie avait  repris sa position normale. Comment expliquer ce redressement anormal ? En 1922, M.  Godin, alors conducteur de travaux, qui avait procédé à l’installation de la flèche et de la croix restaurées, déclare : « La flèche mesure 5 mètres, la croix, deux mètres. Elles sont en béton  moulé autour d’un fer plat de 9 centimètres de largeur et de 2 centimètres d’épaisseur. C’est  un fer doux de Suède, assez souple. Il y a dans un des bras de la croix, un cœur en marbre  blanc. La croix est surmontée d’un paratonnerre. Le tout est à une hauteur de cent mètres ».  « Je suis certain que la flèche ne pouvait pas s’écrouler : l’armature en fer la retenait. Mais je  ne m’explique pas d’une façon certaine, comment elle a pu se redresser. Peut être le fer s’est il contracté. Peut être... » M. Rocca, directeur de l’entreprise « Travaux et canalisations »,  chargée de la réfection de la basilique constate, lui aussi, le fait, et ne l’explique pas : « Il y  avait une cassure à la base de la flèche. Elle existe toujours. J’ai eu ce matin vers 10h, la plus  grande surprise de ma vie. Je me suis demandé si je ne devenais pas fou. La flèche était  redressée…. » Les voltigeurs de la société « Entrepose » n’ont pas tardé à monter leur  matériel afin de commencer les travaux de remise en état. (Extrait d’un article de la Voix du Nord des 25/26.11.1984).

Bazinghen, Windhuis, Assomption (Maria Hemelvaart) 2021 Jacques Emile Mahieu Bourgain (1) « A la suite des guerres qui désolèrent notre contrée, à la suite de la prise de Boulogne par  les Anglais et des déprédations qui y furent commises, les archives de l’église de Notre-Dame  disparurent. » (Chanoine Le Roy).

                                                                        Semper fidelis 

Sources

1- La manière de la fondation et augmentation de l’église Notre Dame de Boulogne.  Oeuvre restée anonyme.
2-
Manuscrit du XVe siècle de la bibliothèque de l’Arsenal exécuté  pour Antoine, le grand bastard de Bourgogne. -     
3- Histoire de l’ancienne Image de Nostre-Dame de Boulogne-sur-mer. P. Alphonse de  Montfort, 1634. -     
4- Histoire de Nostre-Dame de Boulogne. Chanoine Antoine Le Roy, 1681. (Chanoine et  official du diocèse de Boulogne). -     
5- Abrégé de l’Histoire de Nostre-Dame de Boulogne, 1685. -
6- Mémoires manuscrits sur l’histoire de Boulogne. Luto.       
7- Continuation de l’histoire de Notre-Dame, depuis et y compris la fin du siècle de Louis  XIV, jusqu’en 1839. M.P. Hédouin, 1839 -
8- Histoire de Notre-Dame de Boulogne. Abbé Haigneré, 1857. -
9- Etude sur la légende de N-D de Boulogne. Abbé Haigneré. -
10- Etude sur l’existence d’un siège épiscopal dans la ville de Boulogne avant le VIIe  siècle. Abbé Haigneré. -
11- Histoire de Notre-Dame de Boulogne et de son pèlerinage. Abbé F. - A. Lefebvre, 1894. -
12- Les grandes heures de Notre-Dame de Boulogne. Albert Chatelle, 1938. -
13- Mois de Marie de Notre-Dame de Boulogne. Chanoine J. Merlent, 1948. -
14- Boulogne et Notre-Dame. A. Chatelle, 1965. - Elle vint de la mer. Jean Leroy, 1985. -
15- Notre-Dame de Boulogne. Isabelle Clauzel-Delannoy, 2004.
16- Iconographie dans Wikipédia.