Boulogne sur mer, cité mariale depuis l'an 632 

Histoire de Notre Dame de BOULOGNE et du pèlerinage 


Ce sanctuaire est l'une des trois cathédrales du diocèse avec Arras et St Omer, son histoire est au cours des siècles un témoignage de foi, de conversion, de réconciliation, de paix. 

C’est au V° siècle lors de l'écroulement de l’empire Romain que Victrice évêque de Rouen prêcha le christianisme à Boullongne
Les francs à l’époque incendièrent la basse ville et s'installèrent . Boullongne est alors un gros bourg fortifié avec surtout des francs et des saxons 

Au VII° SIECLE : L'origine du sanctuaire au VII ° siècle: 


L’apparition de la Vierge à Boulogne-sur-Mer est rapportée dans des manuscrit de la fin du Moyen Age. Le récit est simple, avec deux variantes :
      - Une très belle dame arriva sur mer en bateau, dans une nacelle, sans voile, sans corde et sans aviron. Les bourgeois à qui elle était apparue lui demandèrent son nom. Elle répondit qu’elle était «l’avocate des pécheurs, la source de grâce, la fontaine de piété». Puis, la Vierge leur délivra son message : «Je veux qu’une lumière divine descende sur vous et sur votre ville... Mes amis, faites incontinent édifier en mon nom une église.» (source : Sbalchiero) 

 

      - Ou encore, vers l'an 636, au temps de Dagobert, St Omer était évêque de notre région. Vers la tombée du jour, le peuple de Boulogne était rassemblé dans une chapelle couverte de joncs et de genêts, située dans la partie haute de la ville lorsque la Mère de Dieu apparut et dit aux fidèles de se rendre au rivage où les attendait une visite merveilleuse.  


Ils coururent vers le lieu désigné, et trouvèrent une barque sans voile, sans rames et sans matelots, sur laquelle était posée une Vierge en bois, d’environ 1m de hauteur, tenant l’enfant Jésus sur son bras gauche. Tout ceci répandait une lumière extraordinaire, une impression de paix, de calme, de bonheur. (source : website de la cathédrale) 

 

Suite à la guérison d'un aveugle et de marins sauvés miraculeusement, une chapelle est construite et les pèlerins affluent. Les boulonnais , lors des invasions des Vikings furent manifestement protégés et la renommée de ND de Boulogne parvient à la Cour du royaume de France . Saint Omer vient à cette époque à Boulogne. 

Au XI° siécle, Ide, la femme d'Eustache, arrière petit fils de Bauduin II , très pieuse fonde l'église St Nicolas. Elle descend de Lohengrin, le chevalier au cygne, ce qui explique le cygne dans les armoiries de la ville. 

 

A partir du XIIe et XIIIe, les pèlerins affluent à Boulogne qui devient une étape sur le chemin de St Jacques de Compostelle. On s’arrête à Boulogne, en venant d’Angleterre ou des Pays-Bas, ou en remontant d’Espagne ou d’Italie. Il y a de nombreuses attestations de venues de pèlerins célèbres : Lanfranc, archevêque de Canterbury, St Bernard, et venant du Moyen Orient, vers 1050, l’évêque d’Antioche et celui du Mont Sinaï.- puis au XIIIe siècle, Le roi Philippe Auguste, St Louis, Henri III d’Angleterre, François 1er, et de très nombreuses guérisons survenues par l’intermédiaire de Notre Dame de Boulogne.  


Philippe Auguste (époque de Richard Cœur de Lion , de la 3° croisade et de Jean sans terre, également de la création de l'université ) est le 1° roi pèlerin de ND de Boulogne à qui il offre un cœur en témoignage de sa soumission , demandant que son vœu soit suivi par ses successeurs, ce qui fut fait. 

 

Au XIV°
Philippe IV le Bel était pieux : en 1304, il fut sauvé d'une mort certaine en invoquant Marie Reine du ciel qui lui accorda la victoire à Mons en Pevelle contre les flamands et il la remercia en allant en pèlerinage à N.D. de Boulogne (Boulogne-sur-mer ) suite au vœu solennel qu'il avait fait alors qu'il était encerclé par ses ennemis( son cheval reçut une pique et fit un bond tel qu'une brèche s'ouvrit et il se retrouva sain et sauf parmi les siens) Il commémorait tous les ans le 18 août, cet événement par une fête en l'honneur de ND des victoires). C'est l'époque de l'apogée du pèlerinage à N D de Boulogne. Son second fils, Philippe V le long fondera, en 1419, un sanctuaire près de Paris : Boulogne la petite, ou Boulogne la menue, qui est aujourd'hui devenu Boulogne Billancourt, où existe toujours une église dédiée à Notre Dame de Boulogne. 

 

XV° SIECLE :
30 000 soldats anglais assiègent Boulogne qui en compte 10 fois moins. La ville basse est prise et la ville haute résiste aux bombardements des canons mais un nommé Vervins livre Boulogne aux anglais le 14 septembre 1544 . Boulogne devint ville anglaise et la statue de ND disparaît. Les boulonnais quittent leur ville

C'est qu'alors qu'une épidémie de peste ravage la ville et fait 10 000morts si bien que la ville est surnommée :"le cimetière des anglais". Henri VIII la traitera de :"ville maudite" !
Henri II , fils de François 1er succède à son père et ne veut pas laisser "la ville de Notre Dame " aux anglais . Il la rachètera à Capécure pour 400.000 écus, le 25 avril 1550 . Boulogne redevient française, 6 ans après, les Boulonnais y reviennent .
La statue de ND revient par la mer, comme 9 siècles auparavant. L’accueil est extraordinaire ! 

Des anglais déguisés en moines voudront la détruire avec des cierges remplis d' explosifs , mais leur manœuvre échouera 

 

En 1478, le roi Louis XI se reconnaît vassal de ND de Boulogne et lui offre un cœur d'or massif. Cette ordonnance appelée ordonnance de Hesdin est le 1° acte juridique établissant que la royauté de Marie est de droit public écrit.  Je cite :" Nous donnons à la Dame révérée en l'Eglise de Boulogne le droit et titre de fief" (manière habile aussi de mettre Boulogne qui était alors à la Flandres, sous sa souveraineté) . Mais il avait une réelle dévotion à Marie notamment acquise auprès de Dunois compagnon de guerre de Jeanne d’Arc avec qui, à 20 ans, il avait fait ses premières armes 


Le XVI° siècle se caractérise par la réforme protestante suivie de la contre réforme catholique En 1553, l’empereur Charles Quint fait raser Thérouanne, à 20 km de Boulogne, où était l’évêché de la région. L’évêque vient résider à Boulogne et l’église devient cathédrale (siège d’un évêque).
A Boulogne il y a conflits entre les protestants et les catholiques, les Huguenots s’acharnent contre la cathédrale, brisent les vitraux, brûlent les boiseries et surtout essaient de briser la statue, puis de la faire brûler, en vain !
la statue de ND est volée par un chef protestant, Jean de Frohart, et cachée dans du fumier dont elle sort miraculeusement intacte pour être à nouveau jetée dans un puits à Honvault.
Madeleine de Frohart, femme de Jean, et catholique, en sera avertie par un pauvre homme qui avait assisté à la scène, fera sortir la statue et la mettra des années dans un coin du grenier d'où elle sortira à la conversion de Jean de Frohart, plus de 30 ans après !
Ce sera Antoine Gillot, prêtre de Boulogne qui la ramènera à pied, sur son dos jusqu'à la cathédrale par ce qu'on a appelé depuis : " le chemin de la Vierge"' 


Au XVII°siècle
En 1637, par vœu privé, Louis XIII consacre le royaume à la Vierge. En 1638, à 37 ans il vient à Boulogne-sur –Mer pour la 3° fois, et devant N.D. de Boulogne, il renouvelle le vœu de Louis XI en consacrant le Royaume de France à Marie. C'est ce qu'on appelle toujours le vœu de Louis XIII qui proclame officiellement pour patronne principale de la France, Notre Dame de L'Assomption. Il demande une procession commémorative le 15 août de chaque année ce qui n’a jamais été abrogé. Cet acte solennel enregistré par le parlement est un acte constitutionnel du royaume de France. Par cette loi, notre pays restera toujours le royaume de Marie. Le document promulgué le 10 février 1638 sera repris par Louis XIV en 1650 et par Louis XV en 1738 ; Cette donation est faite irrévocablement, personne ne peut la dénoncer. Il en découla des fruits ! Après 22 ans de mariage, la nouvelle de la grossesse de la Reine Anne d'Autriche est annoncée, la naissance du dauphin, futur Louis XIV. 

 

AU XVIII° : Louis XIV ira aussi en pèlerinage à Boulogne
La procession ne fut abandonnée que sous la révolution en 1792. En 1789, avec la révolution, églises et couvents sont déclarés propriétés de l’État. Le mobilier est vendu ou détruit. La statue est brûlée en 1793. La main droite, qui seule, put être sauvée par Monsieur de Caumartin, chargé de garder la statue, est l’unique vestige de la statue originale. (plus un morceau dans un reliquaire de cuivre, sous le dôme). La cathédrale sert d’arsenal, d’entrepôt puis, vendue à des trafiquants étrangers à la ville, elle est démolie et vendue pierre par pierre. 

 

Au XIX° : Napoléon ordonna de reprendre la procession le 15 août 1806 avec faste pour le rétablissement de la religion Chrétienne en France. Louis Philippe la supprima et aujourd’hui, elle relève de l'initiative diocésaine ou privée. 

A partir de 1820, l’abbé Haffreingue passera sa vie à reconstruire la cathédrale, dont il en sera lui-même l’architecte en s’inspirant de St Paul de Londres et des grandes basiliques romaines. Son chantier occupa 160 ouvriers auxquels il se mêlait volontiers. Il voulait qu’on puisse la voir d’Angleterre et qu’elle soit comme une prière permanente élevée vers le ciel pour la réunion des communautés protestantes et catholiques, en une seule église
Napoléon III donnera de l'argent pour la reconstruction de la basilique dont la 1° pierre fut posée par Mgr Haffreingue en 1839 et qui fut consacrée le 24 aout 1866 

Au XX° : Au temps de la seconde guerre mondiale, il y eut un événement majeur du XX° siècle dont l’importance égala les JMJ (journées mondiales de la jeunesse instituées par le pape Jean Paul II) « Le grand retour ». L'esprit du « GRAND RETOUR » : c'était la"RECONCILIATION ENTRE LES PEUPLES"
De 1943 à 1948, quatre reproductions de la Vierge de Boulogne, appelée aussi « Notre Dame du Grand Retour», chacune montée sur un char, parcoururent 120 000 km à travers la France, visitant 16 000 paroisses, en provoquant un élan de foi, prières et conversions sur son passage.
La statue de la Vierge portée sur un bateau s’accompagnait d’une demande de délivrance de la France qui prend tout son sens dans le contexte de la fin de la Seconde Guerre mondiale.  


Au XXI ° siècle :
En 2004, le Char du Grand Retour était à Lourdes, durant le Pèlerinage Diocésain avec les Aînés et avec les Jeunes.
Aujourd’hui, le pèlerinage continue au mois d’aout chaque année en fidélité à nos ancêtres et en remerciement à Celle qui est venue nous visiter et qui nous aime comme ses enfants.